Dégustation du 18 juin 2026

Spirit Paradise,
la porte du Paradis ?
Présentation de la dégustation
du 18 juin 2026
avec SPIRIT PARADISE
Philippe Gosmand
Il est des années où le Cercle des Amateurs de Whisky semble ouvrir une porte secrète sur le monde, comme si les distilleries elles‑mêmes consentaient à nous livrer un peu de leur âme. Après avoir accueilli Pierre‑Marie Bisson, ambassadeur de Compass Box, et Beryl Dabezies des caviars Kaspia Krasnodar, nous recevons aujourd’hui Philippe Gosmand, passeur d’histoires et d’embouteillages rares.
Avec lui, nous quittons les sentiers battus pour explorer un territoire plus intime : celui des collectionneurs, des éditions confidentielles, des flacons qui racontent autant qu’ils enivrent.
Notre dégustation débutera de manière surprenante avec une belle bouteille de la distillerie Oban. Pour tout vous dire, c’est la première fois que nous dégustons un whisky de cette distillerie, et c’est une excellente chose.
Située au fond d’un fjord, le Firth of Lorn, dans les Highlands de l’Ouest, Oban fut fondée en 1794 par les frères John et Hugh Stevenson, au beau milieu d’un minuscule village de pêcheurs. Entrepreneurs et hommes d’affaires, ils ouvrirent dans les années 1790 une carrière de pierre, développèrent une activité de construction navale et se lancèrent dans le commerce du cuir.
En 1793, ils franchissent le pas du secteur des boissons en fondant la Oban Brewing Company. Leur tout premier succès commercial n’est d’ailleurs pas un spiritueux, mais une bière locale restée célèbre dans les archives sous le nom de « Cowbell Ale ». Forts de cette première expérience de fermentation, ils obtiennent une licence officielle et adossent une distillerie de whisky à leur brasserie dès l’année suivante, en 1794. Les multiples activités de la famille Stevenson auront un impact considérable sur le petit village. Il faut bien faire venir des ouvriers… et les loger. Ainsi, à partir de quelques cabanes de pêcheurs, naîtra progressivement ce qui deviendra aujourd’hui un beau village autour d'une belle distillerie.
La distillerie a failli disparaître en 1829, à la suite des mauvais investissements dans le whisky réalisés par Thomas Stevenson, le fils de Hugh. Mais le fils aîné de Thomas, John, rachète la distillerie en 1830 et parvient à redresser brillamment l’entreprise. Elle sera finalement vendue en 1866 à un marchand local, Peter Cumstie, après le décès de John Stevenson.
Peter gère la distillerie en bon père de famille pendant dix‑sept ans, en maintenant la qualité du distillat grâce à la conservation des méthodes de fabrication. Cette rigueur permettra à l’entreprise de traverser les perturbations économiques et de préserver des emplois à Oban. Une grande transition s’opère en 1880, lorsque le chemin de fer arrive en ville : Peter Cumstie peut désormais faire voyager son whisky par rail et abandonner le transport maritime.
Par la suite, Oban subira les aléas économiques qui ont frappé tant de distilleries au cours du XXᵉ siècle. En 1923, elle est rachetée par le groupe Dewar’s, qui fusionne en 1925 avec la DCL (Distillers Company Limited). En 1997, après plusieurs restructurations majeures au fil du siècle — notamment le rachat de la DCL par Guinness pour former United Distillers — Guinness fusionne avec Grand Metropolitan pour donner naissance au groupe Diageo. C’est ainsi qu’en 1997, lors de la création de Diageo, la distillerie Oban intègre officiellement le portefeuille du groupe.
Après ce whisky, nous allons entrer dans un autre monde, celui des grands classiques, avec cette belle opportunité de déguster une bouteille de Ballantine’s des années 1960. Ce blend fait partie des whiskies les plus vendus au monde et, comme vous le savez déjà — car vous avez lu les carnets du 27 juin et du 26 septembre 2024 — vous connaissez l’histoire de George Ballantine.
Mais, au cas où, rappelons que son aventure débute en 1836, lorsqu’il se consacre à l’art du vieillissement des whiskies en se spécialisant dans les malts de qualité, sélectionnés par ses soins.
En 1857, George Ballantine délègue la direction de l’entreprise à son fils Archibald afin de se consacrer pleinement au négoce de vins et de spiritueux. Son entreprise prospère considérablement et, à sa mort en 1891 — il avait alors 83 ans — son chiffre d’affaires est important en Écosse, en Angleterre, en Irlande et dans de nombreux autres pays.
Le développement international prendra véritablement son essor après le retrait de la famille Ballantine et le rachat progressif par James Barclay, R. A. McKinlay et surtout Harry Hatch. Ce dernier avait fait fortune à Montréal grâce à la vente de whisky par correspondance.
En 1930, il acquiert une participation de 60 % dans la société mère de George Ballantine & Son, puis, en 1936, il se porte acquéreur des distilleries Glenburgie et Miltonduff‑Glenlivet. Un peu plus de trente ans plus tard, en 1961, Ballantine’s devient le whisky écossais le plus vendu aux États‑Unis.
Cette popularité provient de la qualité de son assemblage, fondé sur quatre distilleries principales de malt situées dans les Highlands et le Speyside : Miltonduff, qui apporte la structure, les notes florales et les fruits frais ; Glenburgie, le cœur fruité (pomme, poire) et la douceur miellée ; Glentauchers, qui offre une touche de noisette et une finale persistante et enfin Scapa, qui ajoute une influence marine et fruitée.
Nous poursuivons notre dégustation par un autre retour aux sources, avec une bouteille de Talisker. Cette distillerie était encore récemment la seule de l’île de Skye ; elle doit désormais compter avec Torabhaig (2017).
Fondée en 1830 par les frères MacAskill, elle a su traverser toutes les vicissitudes du monde du whisky, notamment l’incendie de 1960 qui détruisit entièrement la salle des alambics. Reconstruite en 1962 par le propriétaire de l’époque, la Distillers Company Ltd. (DCL), ancêtre de Diageo, la salle fut refaite à l’identique — et surtout ses alambics. Ils ont, en effet, une forme particulière, avec notemment un Talisker possède un col de cygne incliné vers le bas, une rareté, sur lequel se rajouter une condensation par worm tubs (condenseurs à serpentin). La conséquence de cette disposition est un moindre reflux donnant un distillat plus gras, plus intense, plus poivré. La dessus va se rajouter insularité de la distillerie qui va donner un style particulier de fumée maritime, de saumure et chaleur poivrée.
Nous terminerons notre dégustation par deux embouteillages de Spirit Paradise. Le premier issus de la distillerie ARMORIK WAREMGHEM et l'autre de chez BALCONES. la première étant bien connue, nous nous attarderons sur la seconde. Nous sommes donc au Texas, avec une distillerie un peu atypique mais qui a su imposer un style de single malt à l'américaine. Fondé en 2008 par Chip Tate, un maître‑distillateur texan.C'est un artisan autodidacte, passionné de cuivre et de distillation. Il va jusqu'à concevoir lui-même une partie des équipements et des alambics. Son influence sera importante sur le style de la production whisky texan et est un acteur clé du mouvement American Single Malt.
BALCONES sera installée dans un ancien atelier de soudure de la ville de Waco, avec un premier alambic portugais, possédant une chaudière ventrue et surtout une chauffe directe. Cette technique est très exigeante et plutôt artisanale, mais elle donne des distillats très marqués par le sucre, le caramel et des notes de torréfactions. En plus d'orge écossaise, il va aussi utiliser, pour ses bourbon, du maïs bleu. C'est une variété de maïs indigène cultivée depuis des siècles au Nouveau‑Mexique et en Arizona. Sa couleur vient de pigments naturels : les anthocyanes, les mêmes que dans les myrtilles ou le raisin noir. Il est intéressant en raison de son caractère très particulier donné au distillat, avec de la douceur naturelle plus marquée des notes beurrées et pâtissières, des arômes de céréale grillée, presque biscuitée. Mais c’est un grain plus coûteux, plus difficile à travailler, mais beaucoup plus expressif.

Bien sûr la distillerie Oban est connue depuis longtemps, car, vous vous en souvenez, elle faisait partie des Classic Malt. Mais elle est surtout l'une des plus anciennes distillerie d'Écosse, nichée au fond de la baie d'Oban. Même si elle ne possède que deux alambics, elle a su se faire un nom auprès des amateurs et reste recherchée pour ses whiskies un peu atypiques, situés entre Highland et Islay. C'est la première fois que le Cercle des Amateurs de Whisky vous en propose à la dégustation. Cette bouteille, d'un âge respectable est issue d'une édition limitée, réservée au marché États-unien et commercialisée en 2015.
La distillerie produira ainsi 2 autres éditions avec cette même étiquette, une en 2011 et l'autre en 2012, avec toujours une maturation en fûts de chêne américain.
Oban.Single malt.
18 ans
Maturation en fût de chêne américain
Couleur : Un vin d'or à reflet rouge
Nez : Vif. C'est un nez agréable qui nous parvient. Il est vif et d'une belle complexité. Il s'adoucira avec le temps, pour devenir plus mielleux et boisé. Nous allons dans un bois chaud, dans un gâteau vanillé et légèrement caramélisé, pour ensuite nous transporter vers un verger de pommes vertes et de poires, vers l'abricot sec et le citron encore sur l'arbre. Ce large éventail ne s’arrête pas là et s'ouvre encore un peu plus, à partir des notes xyléniques exprimées en début de notre dégustation. Nous allons trouver des notes de cannelle, de bois secs, de sel et d'herbes chaudes de fin d'été. La douceur sylvestre du début s’apaise pour nous donner une tonalité plus salée et poivrée, nous entraînant alors vers quelques touches maritimes.
Bouche : Enveloppante. Si le nez était doux, la bouche se fait enveloppante. Elle nous offre immédiatement des notes de chêne abandonné, de bois brûlé qu'accentue sur la langue, le poivre et le sel. Nous allons retrouver le caramel du nez et sa cannelle, mais aussi une boite à cigares, la noix et du beurre salé. Nous allons avoir du mal à nous en séparer, mais elles vont finir par s'adoucir pour laisser la place à du vieux réglisse, à de la fumée blanche et à des notes de vieux miel.
Finale : Douce. La finale est étonnamment plutôt douce après le nez vif et l'attaque de la bouche. Elle est moyennement longue et va prolonger, un peu, les notes de bois chauds et les quelques touches maritimes que nous avons perçues au nez. A la fin, un peu de thé noir fera son apparition accompagné de vanille et de tabac.


Bien sûr un amateur de whisky ne boit pas du Ballantine's. Mais un amateur un peu plus connaisseur, lui, va s'intéresser aux anciens embouteillages. En effet, dans les années 1960, la proportion de malt dans les blends était plus importante qu'aujourd'hui et il n'était pas rare d'y trouver des maturations longues. Cette proportion va encore augmenter au moment de la grande crise des années 80, quand il faudra écouler les stocks de malt qui s'accumulaient dans les chais. C'est ainsi qui nous avons des petites perles comme cette bouteille de Ballantine's 17 ans. C'est-à-dire que le plus vieux whisky entrant dans la composition de ce mélange à 17 ans de maturation. Déguster un Miltonduff de 17 ans qui dans les années 1960 utilisait des alambics Lomond. Une rareté.
Blended.
17 ans des années 1960
Couleur : Vin alsacien
Nez : Intrigant. C’est un nez incroyable que nous avons là. Il semble droit et uniforme, mais va se révéler complexe et intrigant. Nous tombons tout de suite dans une marmite de fruits blancs, de vanille et d'oranges amères. L'agrume se love ensuite dans un armagnac, accentuant, un peu plus, les notes de fruits. Nous aurons de la pomme verte et de la banane écrasée. Après les fruits, ceux sont des notes de bois rouge qui vont prendre le dessus avec quelques touches d'herbe haute de fin de journée, le tout enveloppé d'un papier de vanille et de bois sec. C'est avec ce bois, que nous allons entrer dans une grange avec du foin fraîchement coupé avant de retomber dans la marmite d'agrumes. N'est-ce pas qu'il est intrigant ?
Bouche : La douceur. C'est une bouche toute en rondeur et en douceur que nous avons. Elle est dans une belle continuité du nez. Nous allons retrouver les agrumes, le bois sec, un peu de poivre. La douceur va nous entraîner vers le gâteau à la vanille encore chaud, vers la cannelle et le miel liquide. Des odeurs de chais, de tonneaux et de terres sèches vont prendre le dessus pour ensuite nous attirer délicatement vers l'écorce d'oranges et la fumé.
Finale : Le manque. La finale manque un peu à l'appel, même si persistent des notes d'agrumes et de bois doucement brûlé. Nous resterons, tout de même, assez longuement, sur des touches salées de terres tourbées.


Bien sûr la distillerie Talisker est bien connue, notamment grâce aux éditions Classic Malts et surtout aux embouteillages Distiller's Edition à étiquette noire. Ces éditions ont permis aux distilleries de présenter ,en autre, des doubles maturations, apportant alors aux amateurs, un peu d’excentricité. Nous sommes alors dans la fin des années 1990. C'est à partir des années 2000 que la distillerie élargira, comme d'autres, sa mise en bouteille et ce 18 ans en est une expression. Au fur et à mesure des embouteillages, celui-ci va devenir une belle référence. Il sera accompagné par une mise en bouteille de 25 ans. Si cette distillerie était assez présente chez les embouteilleurs indépendants, depuis son rachat par Diageo, rares sont les mises en bouteilles non officiels.
Classic Malts. Ce sont les bouteilles fondatrices, lancées par United Distillers (aujourd’hui Diageo). Elles représentent chacune une région ou un style emblématique :
Glenkinchie 10 ans – Lowlands
Dalwhinnie 15 ans – Highlands
Cragganmore 12 ans – Speyside
Oban 14 ans – West Highlands
Talisker 10 ans – Isle of Skye
Lagavulin 16 ans – Islay
Single malt.
18 ans de 2007
Couleur : Or jaune
Nez : Pimpant. Un nez facile et pimpant vient à nos narines. Il se laisse facilement découvrir et c'est avec joie qu'il nous donne des notes d'agrumes citronnés, de menthe fraîche et d'orge malté. Et puis finalement, comme caché derrière la facilité, viennent le pain frais, la vanille, le caramel mou et une petite pointe d'herbe sèche. Le caramel va nous ouvrit aux bois secs, à la noisette et étonnement à une plage d'été, avec sa minéralité et son air salé.
Bouche : Le trou tourbé. C'est avec des notes salées que nous entrons dans cette bouche, pour peu à peu partir vers du poivre. Il faut un peu de patience pour sortir de ces fragrances et atteindre le foin chaud, l'écorce d'orange, une tourbe sèche et un caramel dur. Cette patience sera aussi récompensée par une arrivée de notes plus florales, où nous (re)trouverons l'herbe sèche mais aussi la vanille et le zeste de citron. Quelques touches de caramel nous entraînerons vers le pain grillé et allez savoir pourquoi le gingembre sec.
Finale : La terre tourbée. La finale est plutôt persistante mais un peu réduite aux notes tourbées et poivrées. Nous retrouvons, tout de même, du caramel oublié et le pain grillé avec, peut être, dessus un peu de miel dur.


Bien sûr la distillerie Warenghem et ses whiskies Armorik sont maintenant dans notre bar à whisky, mais étonnamment le Cercle des Amateurs de Whisky n'en a pas présenté en dégustation. Elle est pourtant une des pionnières, avec son fameux blend WB qui sera commercialisé à partir de 1983. Pour cette expression de Spirit Paradise, nous avons une maturation en fût de bourbon de second remplissage, avec un malt tourbé à 50 ppm.
Il s'agit d'une mise en bouteille d'un fût unique sélectionné par Spirit Paradise. Cette expression peated est un peu atypique chez Warenghem, car il n'existe pas de malterie en France, proposant de l'orge tourbé. Warenghem se fournit dans une malterie belge, qui se retrouve dans dans son Yeun Elez Jobic.
Single malt.
11 ans
Couleur : Vin blanc
Nez : Incroyable. C’est un nez incroyable, très atypique que se présente à nos narines. Pour le décrire il faudra passer au-dessus des notes mentholées et citronnées qui s'y engouffrent avec joie, pour aller vers des fragrances de vanille. Nous aurons ainsi, le savon, la crème et le gâteau chaud. Une tourbe légère vient ensuite nous chatouiller apportant le miel blanc et le bois sec. C'est par ce miel que nous allons découvrir des notes de bois ciré et de bois brûlé, mais aussi des touches plus discrètes de fruits blancs, comme la banane et la poire.
Bouche : Tourbe Boisée. Avec la bouche, nous entrons plus profondément dans les dernières notes du nez. La tourbe va se faire plus présente et sera peu
commune, avec ces notes de bois et de cendre melliflue. Quelques notes de sel font leur apparition et sont accompagnées par cette touche de brûlé légèrement caramélisé. Il y a un coté sucré - salé, dans cette bouche qui nous fait voyager sur des mers de tourbe et des lacs de crème. Mais comme toujours, il y a aussi un autre coté. Celui est minéral, la bouche nous entraine vers le galet mouillé et de sable salé.
Finale : Constance. La finale est vraiment dans la continuité de la bouche, avec toujours cette tourbe. Elle reste bien présente, mais sait tout de même laisser la place à quelques notes de pain blanc et de banane flambée.


Bien sûr nous aimons le Texas, enfin surtout pour ses westerns et aussi pour ses distilleries un peu excentriques. Avec cette bouteille de Balcones nous entrons dans une atmosphère qui va nous changer de notre ordinaire écossais et nous faire entrer dans un nouveau monde. L'inconnu sera dans notre verre et c'est avec une certaine joie que nous allons le découvrir. Le distillat est issu d'orge écossaise mais il va subir, sous la belle chaleur texane, une maturation pendant 7 ans en fût de chêne américain et une finition de 9 mois en fût de ratafia champenois. La chaleur va accélérer les échanges. Le fût apportant sucre et caramel et le ratafia le calme d'une douceur sucrée.
Le ratafia de champagne est une macération de moût de vin dans une eau de vie.
Single malt.
7 ans
Fût T-097
1 sur 60
Couleur : Vielle cire
Nez : Le profond. Le nez est flamboyant, même s'il semble avoir, au premier nez, une palette olfactive un peu réduite. En effet, il nous fait immédiatement rentrer dans des notes puissantes de bois, de sucre caramélisé, de fruits rouges et chauds. Pour sortir de cette puissante palette, nous allons devoir attendre. Il faudra que notre nez sorte de cette belle route, mais un peu rectiligne et nous faire prendre le chemin de la cendre, du gâteau vanillé sortant du four, du pain brûlé et de la terre chaude. La cannelle arrive ensuite et se pare de notes de poivre noir et d'amandes amères.
Bouche : La chaleur. L'alcool fait bouillir nos papilles gustatives, dans une suite ininterrompue de notes de bois chaud, de fruits à coque, de pommes brûlées, de feuilles séchées, de réglisse et de chocolat noir. Il y a une touche de caramel sec qui vient ensuite à nous, accompagnée de bois brûlé et de cendre chaude. Ces fragrances sont très expressives et laissent peu de place à des notes de mûrs écrasées, de miel et d'épices.
Finale : La profondeur. La finale s'éternise admirablement, mais bien sûr dans la continuité de la bouche. Nous restons dans l'épice, le bois brûlé, l'herbe sèche, le chocolat noir oublié dans sa boite. Le poivre devient alors plus présent et nous entraîne de manière admirable vers des prés d'herbe sèche, des forêts de bois caramélisés et des vergers de fruits rouges.

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