Dégustation du 26 mars 2026

La découverte
de la
boite à compas.
Présentation de la dégustation
du 26 mars 2026
avec l'ambassadeur de Compass Box
Les habitués des dégustations du Cercle des Amateurs de Whisky le savent bien : ici, nous aimons Compass Box. Ils se souviennent forcément, avec émotion, de la dégustation du 26 janvier 2023 où, sans hésiter, avaient été proposées à la dégustation des bouteilles emblématiques comme Oak Cross, Magic Cask ou Myths & Legends.
Compass Box est née en 2000 des mains de John Glaser, qui, dès le départ, a fait entrer les amateurs dans son incroyable monde. Le compas de John l’avait, au début, orienté vers la route des vins. Il avait ainsi étudié, tant en France qu’en Californie, la bonne manière d’en faire. Son cheminement l’a un jour fait atterrir à New York, chez Johnnie Walker. Là, il lui a été proposé un poste dans la direction marketing et, à la suite
de différents voyages en Écosse, il est tombé amoureux du whisky. Tant mieux pour nous, et dommage pour le vin.
Chez Johnnie Walker, il a appris l’art du blending, notamment auprès de Maureen Robinson et Jim Beveridge, qui étaient les maîtres assembleurs de cette maison et, plus largement, du groupe Diageo. Nous sommes alors dans les années 1990, et John Glaser comprend que cet art de l’assemblage est peu connu et mal maîtrisé. Il se rend compte qu’il reste énormément de choses à explorer dans le monde du whisky écossais. C’est ainsi qu’en 2000, il décide de lancer la maison Compass Box, fondée sur l’art (perdu) du mélange.
Il faut se rappeler qu’à partir des années 1970, le single malt et le pure malt vont entrer en abondance dans les verres.
Le blended whisky perd alors peu à peu son image de qualité et d’authenticité, laissant la place au « vrai » whisky. Pour comprendre ce changement, on peut prendre comme exemple les Classic Malts of Scotland, six belles bouteilles présentées sur un élégant support en bois.
La commercialisation de la sélection de ces six single malts débute en 1988 et devient rapidement une référence dans le monde des amateurs. Ces six bouteilles vont être le fer de lance d’une nouvelle manière de boire le whisky. Il se boira sans glace, dans des verres tulipe, il sera single, et si possible âgé. C’est alors que toutes les distilleries vont se souvenir de leurs origines et montrer, à force de publicité, que rien n’a changé depuis la première distillation. On ira même jusqu’à nous dire que les toiles d’araignée sont d’époque. L’ancienneté de la distillerie et une maturation longue seront les deux quaichs des publicistes.
C’est donc sur ce terreau que se développeront, chez l’amateur, deux principes qui vont diriger ses achats : les single malts sont meilleurs que les blends ; les whiskies âgés sont meilleurs que les jeunes. C’est dans ce contexte que John Glaser propose, en 2000, un whisky de grain : Hedonism. Celui-ci est un assemblage de 50 % Cambus 10 ans et 50 % Caledonian 20 ans.
Ces whiskies d’âges différents, vieillis dans des fûts de chêne américain de grande qualité, assurent un succès immédiat, et Hedonism devient le premier whisky de sa gamme permanente.
Dans les années suivantes, Compass Box propose Eleuthera, le premier vatted malt, et surtout Monster, mélange de deux bruts de fût, l’un distillé à Port Askaig, l’autre à Kennethmont. Ce whisky rencontre un tel succès que Compass Box décide, en 2003, d’en faire une gamme permanente : The Peat Monster. C’est ainsi que cette maison va se faire un nom, alors même qu’elle n’est pas une distillerie. mais juste un laboratoire d’assemblage et de recherche.
Mais pas n’importe quelle recherche : la réussite de Compass Box tient à une volonté très affirmée d’obtenir des whiskies de très haute qualité, avec un souci constant de transparence sur les modes d’assemblage et la provenance des distillats.
Si aujourd’hui nous avons un catalogue très impressionnant de whiskies, certains ont bousculé les règles tatillonnes de la Scotch Whisky Association. Ainsi, la première version de Spice Tree, en 2005, qui empruntait une technique aux vignerons français en insérant des douves de chêne neuf dans des fûts de whisky usagés pour apporter une nouvelle dimension aromatique, faillit entraîner Compass Box devant
les tribunaux. Ces bâtons de bois attirèrent en effet l’ire de la SWA, qui menaça la jeune maison de poursuites judiciaires.
Compass Box s’inclina et, pour les versions suivantes de Spice Tree, utilisa des fûts hybrides composés de douelles planes de chêne français, coupées à mesure et vissées sur la tête et le fond de fûts de bourbon. Compass Box sera aussi le premier à raconter une histoire sur les étiquettes de ses bouteilles : celle de la fabrication des whiskies. Y sont indiquées les proportions et les provenances des distillats, mais aussi les temps de maturation et les types de fûts. Bref, John Glaser nous présente sa recette. Si tout ne peut pas figurer sur l’étiquette — en raison, là encore, des interdictions de la SWA — on retrouve sur le site de Compass Box les fiches techniques de quasiment tous leurs whiskies. Cette transparence va
déstabiliser les habitudes des distilleries, mais surtout celles des embouteilleurs indépendants… quoique pas tous.
Ainsi, Signatory Vintage commence, à la même époque (vers 2005), à inscrire sur ses bouteilles d’autres informations que le simple nom de la distillerie et le temps de maturation. À vous maintenant de vous promener dans le monde passionnant de John Glaser, sans perdre votre nord.

Orchard House, qui signifie Maison du Verger, est un whisky qui va rechercher le fruit. Il sera frais, avec une volonté de présenter une expression naturelle des distilleries. Le bois des fûts sera mis au second plan pour laisser monter sur le devant de la scène des notes printanières, volubiles et éclatantes.
Ce whisky sera donc assez accessible, car très étroit dans sa palette olfactive, mais doté d’une grande profondeur, qu’il faudra aller chercher. Ce whisky est composé de 98 % de single malt et de 2 % de blended malt.
Nous avons du Glen Moray pour 10 %,en fûts de bourbon de premier remplissage ; du Linkwood pour 34 %, également élevé en fûts de bourbon de premier remplissage ; du Clynelish pour 41 %, avec le même type de fûts ; une disillerie proche de la ville d’Aberlour pour 10 %, avec du fûts de sherry Oloroso ; et enfin du Caol Ila pour 2 %, avec du fûts de bourbon de premier remplissage
Oschard House
Blended malt. 46%
Couleur : Or.
Nez : Le fruit. C’est dans la douceur que nous entrons, avec des notes de fruits, d’herbe, de fleurs et d’épices. Le fruit est un mélange de pomme, de poire, de fraise, accompagné d’une base citronnée. Quelques tropicaux se joignent à nous et nous allons reconnaître la mangue et la banane verte. Le côté floral disparaît ensuite pour nous faire entrer dans la vanille
sèche, le bois blanc et une douceur melliflue accompagnée de notes pâtissières.
Bouche : Boum. Une belle attaque, un peu surprenante après la douceur du nez. Nous restons dans la continuité du nez, avec un peu plus de bois et de vanille. Le poivre fait son apparition et entretient de belles relations avec le malt sucré, le pain grillé, le gâteau aux
amandes. Ces notes seront ensuite submergées par de la menthe fraîche, de l’ananas, du poivre noir et de l’écorce de bois. C’est une bouche très présente, qui va envelopper notre langue avec une belle intensité de banane flambée, de chocolat amer et de brioche au
chocolat.
Finale : Persistante. La finale est moyennement longue, mais nous avons une persistance de poivre, de bois et de crème à la vanille. Ce whisky ne va pas très loin dans la bouche : tout est concentré sur la langue, qui profite agréablement de zeste d’orange, de pomme tombée de l’arbre et de crème catalane.


Nectarosity est une création qui met en avant la texture, la douceur et la gourmandise. Là où Orchard House explore le fruit frais et la vitalité, Nectarosity s’oriente vers un registre plus mielleux, plus crémeux, presque tactile.
Compass Box cherche ici à capturer une sensation : celle d’un whisky qui coule comme un nectar, riche et dense. Ce whisky est composé de 35,7 % de whisky de grain et de 64,3 % de single malt.
Nous avons du Clynelish pour 12,1 %, avec du fûts de bourbon de premier remplissage et pour 10,7% avec des fûts de chêne américain de second remplissage; du Linkwood pour 11,8 %, avec des fûts de sherry ; du Balmenach pour 7,1 %, avec des fûts de bourbon de premier remplisage ; et enfin du Cameronbridge pour 19,8% et du Girvan pour 15,9 % et 22,6% de Linkwood en fût de Paro Cortato.
Nectarosity
Blended malt. 46%
Couleur : Cire.
Nez : Délicat. C’est un nez assez atypique, avec des fruits jaunes, du miel liquide et du caramel. Nous sommes dans la sucrerie, le bonbon aux fruits, avec une légère acidité. Nous trouvons de la mandarine, de la pêche jaune et de l’abricot sec. Ces fruits se tournent ensuite vers de la mangue bien mûre et le raisin. Le miel du début revient avec des touches de vanille, de pain blanc et de gâteau vanillé.
Bouche : Enveloppante. Nous entrons dans une belle douceur, qui nous enveloppe de miel, de cannelle et de crème vanillée. Nous sommes dans une belle continuité du nez. Le bois fait ensuite son apparition et tient dans sa main des notes de poivre, de bois brûlé, de marmelade et de peau d’orange. Cette dernière nous entraîne vers le pain grillé, le chêne chaud et le gâteau à l’abricot.
Finale : Insistante. La finale est plutôt longue et insiste sur les dernières notes que nous avions en bouche, en ajoutant un peu de poivre et de cannelle. Le bois se fait également plus présent : il est sec et brûlé. La douceur du nez est un peu perdue, avec un peu moins de miel et plus de vanille, un peu moins de fruits et un peu plus de caramel.


Il semble que les premières sorties du monstre datent de 2008, montrant ainsi que ce whisky est devenu, peu à peu, une référence et maintenant une série permanante. The Peat Monster est la vision de Compass Box du whisky tourbé. On y trouve une belle puissance, une vaste palette aromatique et l'équilibre dans les notes tourbées. Ce whisky permet de présenter un tourbé peut être moins enveloppant, mais plus subtil que les grands classiques Islay. Il permet pour les amateurs d'approcher un monstre sans peur et avec raison.
Ce whisky est composé de 1 % de blended whisky et de 99 % de single malt.
Nous avons du Caol Ila 64%, venant de différents fûts de Hogsheads et pour 35% de Williamson de la distillerie Laphroaig (teaspooned) avec là aussi des fûts de Hogsheads.
Peat Monster
Blended malt - 46%
Couleur : Vin blanc.
Nez : Délicat. C’est un nez délicat qui nous accueille. Le monstre est doux et subtil. Nous avons, bien sûr, de la tourbe, mais c’est sa douceur qui va nous attirer et nous entraîner vers des notes de peau de banane, d’ananas brûlé et d’herbe sèche. Des notes de vieux citrons, de poivrons à l’huile et de feu du matin viennent peu à peu à nous. Nous allons y rester avec une certaine joie, car si la tourbe est là, elle enveloppe tout, mais permet à chacun de s’exprimer. Nous découvrirons aussi des notes de réglisse, de vanille et, plus discrètement, d’agrume (pamplemousse) et de pomme verte.
Bouche : Piquotements. Nous avons une belle attaque du monstre, avec une projection de fumées chaudes, de bois cendré et de café froid. Nous allons être un peu K.O. par ces arômes, et il faudra un peu de temps pour percevoir des notes d’épices, de terre chaude et d’agrumes. Bien sûr, la tourbe cendrée du nez restera au centre, mais deviendra plus iodée et presque aquatique.
Finale : Pacifiante. Après l’attaque, la paix. La finale reste dans la continuité du nez, mais apporte un peu plus de sel, un peu de vanille et de l’herbe de fin d’été. Cette finale est moyennement longue.


Avec Crimson Casks nous nous trouvons devant un whisky centré sur la gourmandise, la chaleur et la profondeur fruitée. Le nom « Crimson » évoque immédiatement la couleur rouge sombre : celle des fruits mûrs, des vins fortifiés, des fûts de sherry. Il s'agit pour Compass Box de sublimer le bois et de nous apporter sa générosité et la puissance des arômes de sherry et de vin.
Ce whisky est composé de 7,3 % de blended malt et de 92,7 % de single malt.
Nous avons du Glen Moray pour 31 %, avec du fûts sherry de premier remplissage et pour 5,8% avec un whisky ayant eu une finition pendant 1 an un fût de vin ; du Benrinnes pour 14,5 %, avec des fûts de bourbon de premier remplissage ; d'une distillerie proche de la ville d'Aberlour pour 35,4 %, avec des fûts d'Oloroso.
Crimson Casks.
Blended malt - 46%
Couleur : Caramel.
Nez : Palpitant. Le nez est, au premier abord, calme et doux. Nous entrons avec douceur dans des notes de mûres chaudes, de vieilles dattes et de bois vineux. Cette douceur ne cache pas une belle complexité, qui va nous faire découvrir des notes d’épices — cannelle, clou de girofle — ainsi que du chocolat noir et du bois brûlé. Les notes vineuses nous entraînent vers la prune et le pruneau, le raisin sec, l’abricot de même que le fruit jaune macéré. Par ce fruit, nous allons vers le gâteau aux pommes et le miel sec.
Bouche : Boisée. Étonnamment, c’est par le bois que cette bouche se fait connaître. Si nous sommes dans une continuité du nez, la touche boisée prend le dessus. Elle est poivrée, vineuse et épicée. Nous allons tout de même y trouver une vanille délaissée, du chocolat noir — celui avec de l’orange amère — de la mandarine, et de nouveau cette touche de pruneau à l’alcool et d’abricots secs.
Finale : Épicée. La finale est plutôt longue. Le fruit rouge reste présent et nous accompagne assez loin. Nous découvrons, en chemin, des notes de miel, de cannelle et de cacao. Nous resterons longtemps dans cette atmosphère de fût de vin, de cassis écrasé et de poivre noir.


Avec Architectonics, Compass Box souhaite approcher l’art du blending comme une construction qui assemble différents matériaux. Ils sont tous différents, mais une fois réunis, ils forment un ensemble où il fait bon vivre. Nous retrouvons cette même philosophie dans ce blend, composé de distillats ayant vieilli en fûts de sherry et de bourbon, avec une pointe de whisky tourbé.
Avec ces différentes briques aromatiques, Compass Box nous offre un blend très agréable et harmonieux. Il est solidement ancré dans des fondations riches et onctueuses, avec une structure à la fois contrastée et cohérente.
Nous pouvons, avec une certaine délectation, nous promener dans les différentes pièces olfactives de ce whisky et nous y prélasser agréablement.
Architectonics.
Blended malt - 49%
Couleur : Cire brune.
Nez : Profond. C’est avec profondeur et largesse que nous parviennent les différentes fragrances de ce whisky. Nous sommes d’abord attirés par des notes tourbées et épicées, qui laissent rapidement place à de la fleur blanche, de la vanille et des notes de gâteau au miel. Le nez évolue ensuite vers l’herbe sèche, la réglisse, le beurre frais et une pointe de douceur citronnée. Les épices reviennent au premier plan avec le clou de girofle, mais aussi le chocolat — ou plutôt le beurre de chocolat. Cela nous mène vers le bois ciré, le bois mouillé, puis de nouveau vers une tourbe à la fois sèche et acidulée (si tant est que cela existe).
Bouche : Belle. Nous avons une belle expression, avec une attaque solide et franche qui met en avant une tourbe poivrée et saline. La bouche est enveloppante et nous fait traverser la pièce des épices, du chocolat amer, du vieux rouleau de réglisse, mais aussi celle des champs chauds d’automne et de la terre mouillée, sans oublier la pièce de la pomme cuite et du bois brûlé.
Finale : Passionnante. La finale nous entraîne loin, dans des pièces de tourbe salée, de vanille brûlée et de fumée blanche. Nous y restons longtemps avant de découvrir des touches plus boisées et herbeuses, avec un fond de fruits exotiques.


Pour célébrer ses 25 ans, Compass Box, a revisité un de ses whiskies emblématique, Flaming Heart. Il sera mit l'accent sur les flammes et sur leur écrin de chêne protecteur. Pour cette 8ème interprétation, tout de même, Compass Box a recherché la palette aromatique la plus complexe possible à partir d'un minimum de composants. Il ne sera utilisé que des whiskies affinés en fûts de chêne français, associés à des malts tourbés. Cette combinaison n'avait pas été vue depuis la deuxième version de Flaming Heart, sortie en 2007.
Ce whisky est composé de 35,5 % de Benrinnes ayant eu une maturation en un fût de chêne français et de 48,1% de Talisker ayant eu une maturation en fûts de chêne américain ayant subit un nouveau businage. Ces mêmes type de fûts seront utilisés pour les 13,4% de williamson.
Flaming Heart
Blended malt - 49,8%
Couleur : Vin jaune
Nez : Fin d’été. C’est la fin de l’été et nous trouvons une fumée chaude, une tourbe cendrée et de l’alcool blanc. Ce nez un peu timide au début s’ouvre et laisse entrer des fruits blancs et des fruits tropicaux. Nous avons du kiwi, de la banane et de l’orange sanguine. Il faudra tout de même se défaire de la note principale, qui est une tourbe boisée légèrement épicée. Elle apporte un côté sucré et pâtissier — peut‑être un gâteau à la vanille et au chocolat, un peu brûlé. Des touches d’agrumes deviennent plus présentes lorsque ce whisky s’ouvre, et forment un duo avec du raisin noir, de la datte sèche et du miel de montagne.
Bouche : Le bois. La bouche s’emplit de notes de tourbe sèche, d’épices comme le clou de girofle et le poivre. Elles ont une agréable tendance à se mettre au premier plan, et il vous faudra faire un effort pour aller trouver du chocolat, du bois chaud, de la vanille et une fumée cendrée. Mais la puissance du poivre et de la tourbe ne vous laissera que peu de repos, et c’est avec un sursaut que vous irez chercher l’herbe chaude, les fruits rouges écrasés et le chêne abandonné.
Finale : Sans fin. La finale est très longue et dans la parfaite continuité de la bouche. Nous trouvons toujours notre tourbe épicée et cendrée, avec un bois du même ton.

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